Chronologie de l’Espagne dans les six premiers siècles

Ier siècle

Au premier siècle dans la Bétique, actuelle Andalousie, on produit de l’huile d’olive. Elle est  transportée dans des amphores à Narbonne puis à Rome.

Au milieu du Ier siècle, les Romains exploitent en Hispania d’importantes mines d’or dans les montagnes arides du nord-ouest, notamment à Las Medulas, la mine la plus impressionnante de l’empire romain.

Las Medulas

Avant la conquête romaine ce territoire était habité par les communautés indigènes. Ces communautés exploitaient déjà l’or qu’elles trouvaient dans le lit des rivières. En été, elles battaient cet or avec lequel elles créaient des bijoux, principalement des boucles d’oreilles et des colliers. Avec l’arrivée des Romains leur vie change car le but principal des Romains en occupant ces territoires est d’exploiter l’or contenu dans ces terres. Ils imposent aux indigènes un nouveau mode de vie et les contraignent à payer un impôt à Rome en heures de travail à la mine. Les Romains transforment Las Medulas en une véritable machine à produire de l’or grâce à un ingénieux procédé baptisé ruina montium. Il faut plusieurs années aux mineurs pour creuser un réseau gigantesque de galeries dans les entrailles de la montagne. Ce réseau est relié à de vastes réservoirs creusés au sommet de celle-ci et sont alimentés par des canaux et des aqueducs qui acheminent l’eau depuis les rivières voisines. Une fois les vannes ouvertes, les énormes volumes d’eau contenus dans les réservoirs se déversent dans les saignées rocheuses. Sous la pression hydraulique, des pans entiers de la montagne s’effondrent et les mineurs peuvent enfin ramasser l’or. En près de 200 ans d’exploitation, 60.000 ouvriers ont extrait plus de 1.500 tonnes de Las Medulas, fournissant aux Romains les fonds nécessaires pour imposer leur loi et leur mode de vie dans toute la péninsule ibérique[1].

Ils bâtissent de nouvelles villes sur tout le territoire et aménagent certaines cités existantes en y ajoutant leur touche romaine.

Fin du Ier siècle

Sur la côte nord-ouest d’Hispania, construction par l’empereur Trajan de la tour d’Hercule, une des structures les plus spectaculaires de son temps, un phare (encore en activité), le farum Brigantium, au-dessus de ce qui est probablement une ancienne tour phénicienne. Il est probable que le modèle utilisé soit celui du grand phare d’Alexandrie. C’était probablement le point de départ des troupes de l’empire en direction des îles britanniques. La tour est dédiée à Mars, le dieu de la guerre[2].

IIe siècle

Les Romains doivent trouver comment fournir aux citoyens, toujours plus nombreux, la ressource la plus vitale de toutes : l’eau. Pour apaiser leur soif, les Romain bâtissent un réseau sophistiqué de tunnels, de canaux et d'aqueducs pour alimenter les principales villes de la péninsule.

Début du IIe siècle

Construction de l'aqueduc qui domine la ville de Ségovie sous les auspices des empereurs Trajan et Hadrien. Cet imposant chef-d'œuvre d'ingénierie comprend 177 arches composées de 24.000 blocs de granit. Les carrières sont à environ quinze kilomètres de Ségovie. Les roches y sont coupées et brisées à l’aide de cales en bois. En ville, un système de grues permet aux Romains de soulever progressivement l’ensemble des piliers. Ils construisent des arcs en bois sur lesquels ils fixent les pierres et toutes les parties de l’arche. Une fois ce travail terminé, ils retirent le support en bois et laissent la structure telle quelle. L’arche est ainsi construite[3]. Culminant à 25 mètres, l’aqueduc de Ségovie suit une pente très légère et régulière. Par l’effet de la gravité, une eau pure s’écoule sur quatorze kilomètres depuis sa source montagneuse jusqu’à la ville. Ils sont donc en mesure d'approvisionner tout un système de distribution d’eau dans la ville, les sources publiques, les thermes et les foyers. Pour les Romains, l’aqueduc de Ségovie représente bien plus qu’un flot d’eau vive nécessaire à la survie des habitants, c’est un emblème de la prospérité et du pouvoir de l’empire, le signal que les Romains sont là et pour longtemps.

Aqueduc de Ségovie.

Fin du IIe siècle

A la fin du IIe siècle, plus de 24 aqueducs ont été construits.

Le mode de vie romain domine dans la péninsule. L'économie est en plein essor. La langue, les lois et la religion de Rome se sont imposés à la population de la péninsule.

La cité de Baelo Claudia, à environ 70 kilomètres de Cadix, est fondée par l'empereur Claudius pour assurer à Rome le contrôle sur le détroit de Gibraltar. Les eaux poissonneuses et une importante usine de salaison permettent à la population locale de prospérer. Pendant près de cinq siècles, elle va mener une vie paisible et agréable dans cette ville de bord de mer, dotée de son propre théâtre, de temples, de bâtiments administratifs et commerciaux.

IVe siècle

300

Le concile d'Evire mentionne l'existence d'églises.

Ve siècle

Début du Ve siècle

Alors que leur domination semble infaillible, les conflits au plus haut niveau du pouvoir commencent à peser lourdement sur le moral des Romains et de leurs troupes.

409

A partir de cette date, une vague d’envahisseurs déferle depuis le nord, franchit les Pyrénées pour occuper la péninsule.

C’est la fin de 700 ans de règne des Romains sur Hispania.

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[1] Quand l’Espagne s’appelait Hispania, documentaire de Mike Magidson.

[2] Ana Santorum Ardone, dans Quand l’Espagne s’appelait Hispania, documentaire de Mike Magidson,

[3] Clara Martin Garcia dans Quand l’Espagne s’appelait Hispania, documentaire de Mike Magidson,