Algérie 1980 - 1989
Années 1970
Le "service civil", créé dans les années 1970, oblige les médecins spécialistes à passer deux ans dans les zones enclavées du pays.
1980
"Printemps berbère" (Tafsut Imazighen), manifestations réclamant l'officialisation de la langue tamazight et la reconnaissance de l'identité berbère en Algérie.
Fin octobre, le président Chadli Benjedid gracie Ben Bella.
1982
Explosion spontanée de la jeunesse à Oran.
1983
Tombé en disgrâce, Bouteflika est condamné pour irrégularités de gestion aux Affaires étrangères. Il s’exile alors pendant six ans.
1984
Code de la famille.
1985
Explosion spontanée de la jeunesse dans la Casbah d'Alger.
En décembre, Ali Mécili, militant FFS, réussit à rapprocher Hocine Aït-Ahmed et Ben Bella et à leur faire signer une déclaration commune pour un gouvernement démocratique en Algérie.
1986
Alger entrouvre les portes du Sahara aux prospecteurs étrangers. L'effondrement des cours du pétrole plonge l'Algérie dans la spirale de l'endettement et ruine le programme d'importations destiné à contenir la protestation sociale.
Population Elle a doublé depuis 1965.
1987
Le 7 avril, Ali Mécili, avocat au barreau de Paris, ancien dirigeant du FFS, est assassiné devant son domicile parisien. Un contrat a été passé par là Sécurité militaire d'Alger et deux truands[1].
1988
En juillet, début d'une vague de grèves ouvrières, commencée à l'usine de camions de Rouiba (à l'est d'Alger). D'un atelier à l'usine, puis à toute la zone industrielle de Rouiba, les grèves s'étendent, par contagion, d'Est en Ouest, à la zone de Oued-Smar puis à celle d'El-Harrach et, enfin, à Hussein-Dey, Belcourt et Alger centre.
En septembre, reprise de la vague de grèves. Elle débouche sur la révolte de la jeunesse.
Révolte d’octobre de la jeunesse
En octobre, incidents à Bachdjarah et Bab el-Oued (quartiers d'Alger). Puis des centaines de milliers de jeunes, soutenus par le peuple, ébranlent la dictature, ouvrant une nouvelle période politique.
Grèves, manifestations, émeutes. L'armée tire sur de jeunes manifestants faisant plus 500 morts.
A la télévision, le ministre de l'Intérieur, El Hadi Khediri, reconnaît son impuissance devant une révolte devenue nationale.
Les marches quotidiennes ne cessent qu'après la promesse de réformes politiques, concédée par le président Chadli.
Ces révoltes imposent une ouverture démocratique, le pluralisme politique et médiatique, la liberté de manifester, la légalité des grèves.
Aït Ahmed revient en Algérie.
Quelques chefs islamistes tentent de rejoindre le mouvement, en initiant une marche.
Le 17 octobre, soulèvement dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.
1989
Adoption d'une nouvelle Constitution.
Le FLN perd le statut de parti unique, le multipartisme est instauré ainsi que le pluralisme syndical.
En décembre, reconnaissance du FFS par les autorités. Aït-Ahmed rentre après 23 ans d’exil.
Fondation du Parti socialiste des travailleurs (PST), parti anticapitaliste, par les militants du Groupe communiste révolutionnaire (section algérienne de la IVe Internationale) qui sortaient de la clandestinité.
Création du FIS (Front islamique du salut).
[1] Pierre Vidal-Naquet, une vie. François Dosse