ALGÉRIE 1950 - 1959

1950

En mai, Ben Bella est arrêté pour avoir préparé et participé à l'attaque de la grande poste d'Oran qui rapporte au MTLD un butin de plus de trois millions de francs.

L’Organisation paramilitaire OS est démantelée par la police française.

1953 

Le 14 juillet, place de la Nation à Paris, à la suite d'un défilé traditionnel PC-CGT, la police provoque un massacre de travailleurs algériens qui défilent sous une banderole MTLD et réclament l'indépendance : sept morts.

1954

En mars, fondation à Alger du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), qui veut unir le mouvement nationaliste et agir pour l'insurrection armée.

En juillet, éclatement du mouvement nationaliste en deux courants qui vont se combattre violemment. D'une part, le MNA (Mouvement national algérien), fondé en juillet par les partisans de Messali Hadj, et, d'autre part, en octobre, le Front de libération nationale (FLN). Le MNA rassemble les indépendantistes en Algérie. Il est soutenu par les ouvriers algériens en France et allié avec les trotskystes lambertistes. Il est divisé sur la stratégie à mener contre l'impérialisme français et semble paralysé.

Le CRUA se transforme en FLN. L'Organisation spéciale (OS), paramilitaire et clandestine donne naissance à l'Armée de libération nationale (ALN).

Le 9 septembre, tremblement de terre à Orléansville (El Asnam). 45 victimes européennes et 1.400 algériennes.

Novembre 1954

En novembre, le CRUA se transforme en FLN.

Le 1er novembre, le FLN fait éclater une insurrection armée dans les Aurès. Celle-ci est condamnée par le PCF et le PS.

Le FLN lance 30 attaques de commandos presque simultanées sur des forces françaises et des installations gouvernementales principalement dans les Aurès et en Grande Kabylie.

9 morts européens dont 3 militaires.

Militairement, il s’agit d'un échec puisque la prise des casernes de Batna, Khenchela, Blida et Oran qui devait procurer des armes échoue.

Les tracts du FLN réclament l'indépendance tout en garantissant au million de Français d'Algérie (dont 79 % sont nés en Algérie, sur 8 millions d'Algériens) une citoyenneté égale en Algérie.

Le FLN est dirigé par des hommes comme Mohammed Boudaif, Hocine Aït Ahmed ou Ahmed Ben Bella.

François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, décide l'envoi de trois compagnies de CRS, soit 600 hommes.

Le 5 novembre, l'organisation de Messali Hadj, le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) est dissoute par les autorités françaises. En France, les Algériens sont majoritairement messalistes. Sur les 220.000 Algériens résidant en métropole, on compte 10.000 membres du MTLD.

Le 15 novembre, l'écrivain François Mauriac s'élève à Paris contre les ratissages et le pratique de la torture.

Décembre 1954

Le 3 décembre, après la dissolution du MTLD par les autorités françaises, création par Messali Hadj du Mouvement national algérien (MNA), qui conteste la ligne suivie par le FLN. Les deux organisations se déchirent dans des luttes fratricides qui font de nombreuses victimes.

Le 10 décembre, débat à l'Assemblée nationale sur la politique française en Afrique du Nord.

Envoi de renforts militaires en Algérie.

Le PCI (trotskyste) est la seule organisation politique française à se prononcer dès 1954 pour l'indépendance de l'Algérie.

1955

Janvier 1955

Le 5 janvier, François Mitterrand, ministre de l'Intérieur, prône le recours à la force et présente un programme de réformes pour l'Algérie.

Le 17 janvier, l’archevêque d'Alger, Mgr Duval, dénonce la torture en chaire et dans toutes les églises du diocèse.

Articles de Claude Bourdet (France Observateur) et François Mauriac (L'Express) dénonçant les tortures.

Le 20 janvier, premières opérations de l'armée française dans les Aurès.

Février 1955

En février, l'ethnologue Jacques Soustelle est nommé par la gauche gouverneur général de l'Algérie. Le 15 février, il s'installe à Alger : Un choix a été fait par la France : l'intégration."

Mars 1955

Le 2 mars, rapport Wuillaume sur la torture remis à Jacques Soustelle.

Le 20, premier rapport Mairey sur le comportement policier en Algérie.

Le 1er avril,  l'Assemblée vote une loi qui instaure l'état d'urgence en Algérie pour six mois. Votée par le PCF et le PS.

Début de l'aide de Jean-Jacques Rousset au FLN.

Aït Hamed représente le FLN à la conférence des non-alignés de Bandoung.

En juillet, contact entre le IVe internationale et le FLN.

Jean Urvoas, prêtre-ouvrier, apporte son soutien aux Algériens.

Le 20 août, la brutalité française en Algérie entraîne le soulèvement de milliers de paysans. l’insurrection du Nord-Constantinois fait 123 morts dont 71 dans la population européenne. La répression est terrible, le bilan officiel est de 1.273 morts musulmans. Le FLN avance le chiffre jamais démenti de 12.000 victimes.

Le 24 août, la France rentre en guerre est rappelle 60.000 jeunes soldats, récemment libérés.

Le service militaire est rallongé avec rappel de soldats ayant terminé leur service militaire pour une durée indéterminée. Ceux qui sont déjà en service militaire sont maintenus. Cela concerne la plupart des jeunes nés entre 1932 et 1943. Tout une génération de trouve embarquée pour cette guerre.

Le 6 septembre, France Observateur est saisi pour un article de Claude Bourdet : "Ne jetez pas le contingent dans la guerre". Les "rappelés" du service militaire manifestent contre l'envoi du contingent en Algérie.

Le 11 septembre, rassemblement de rappelés du contingent à l'église Saint-Séverin contre "une guerre contre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et refuser de "tirer sur nos frères musulmans". Des incidents à la Gare de Lyon ont un retentissement international.

Structuration du mouvement contre le renvoi du contingent des comités.

Le 17 septembre, interdiction du Parti communiste algérien (PCA). Suspension du quotidien Alger républicain.

Le 30 septembre, la "question algérienne" est notée à l'ordre du jour de l'ONU.

Octobre 1955

En octobre, révolte et occupation à l'intérieur de la caserne Richepanse à Rouen contre le départ du contingent en Algérie. Soutien des civils. Les gardes mobiles et les CRS interviennent. Manifestations à Valence. Création du Comité contre l'envoi du contingent en Afrique du Nord.

Novembre 1955

Le 23 novembre, le PCI (Quatrième internationale) réunit un congrès clandestins à Paris, salle des horticulteurs, en présence d'un délégué du FLN. Il publie un tract reproduisant l'Appel de la Toussaint 1954 et le FLN lui confie l'édition d'un bulletin Résistance algérienne présenté comme son organe. Il sera imprimé en Belgique.

Le même jour, des centaines d'appelés défilent sur les Champs-Elysées contre la guerre en Algérie.

Création du Comité d'action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord (Edgar Morin, Robert Antelme).

Décembre 1955

En décembre, deuxième rapport Mairey sur le comportement policier en Algérie.

1956 

En janvier, en France, le front électoral constitué sous l'étiquette de « Front républicain », et composé essentiellement de socialistes et de radicaux, obtient la majorité parlementaire en laissant entendre qu'il allait faire la paix en Algérie. 

Le 27 janvier, rencontre secrète entre Mandouze, mandaté par le FLN, et Mendès France.

Février 1956

Le 2 février, Jacques Soustelle quitte Alger, acclamé par les pieds-noirs.

Guy Mollet est désigné président du Conseil pour engager le dialogue et faire la paix avec les combattants nationalistes.

Le 6 février, "journée des tomates". Guy Mollet, qui a nommé un anti-colonialiste, le général Catronx, pour remplacer Jacques Soustelle comme gouverneur général, est entouré par une foule de pieds-noirs en colère à Alger criant "Guy Mollet au poteau". La foule assiège durant la nuit la résidence du gouverneur général où il réside. Guy Mollet capitule, renvoie Catronx et nomme Robert Lacoste, un socialiste droitier et dirigeant syndical PTT.

Guy Mollet abandonne sa politique de recherche de paix en Algérie et amplifie la guerre contre le FLN.

Le 14 février, fondation de l'USTA, Union syndicale des travailleurs algériens, par des syndicalistes du MNA.

Le 15 février, François Mitterrand, ministre de la Justice, approuve la décision d'exécuter les peines capitales prononcées à titre d'avertissement en Algérie, au cours d'un réunion secrète du gouvernement, qui vit d'autres ministres de la gauche (Pierre Mendès France, Alain Savary, Gaston Deferre) voter contre.

45 condamnés à mort algériens seront guillotinés (222 ont été exécutés pendant toute la durée de la guerre). Mitterrand refuse presque systématiquement la grâce.

Le 16 février, déclaration ministérielle sur la politique en Algérie ("Cessez-le-feu, élections, négociations").

Le 24 février, création du UGTA, Union générale des travailleurs algériens, par le FLN.

À partir de février 1956, la France déploie en Algérie toutes les formes de destruction meurtrière qu'elle a auparavant expérimentées contre la population indochinoise : utilisation massive de défoliants, déportation des populations dans des camps, utilisation systématique de la torture.

Mars 1956

Le 8 mars, les Algériens manifestent à Paris pour que les pouvoirs spéciaux soient repoussés.

Le 12 mars, vote des "pouvoirs spéciaux" en Algérie au gouvernement Guy Mollet pour prendre « toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances ».

Ces pouvoirs spéciaux permettent d'augmenter la répression en instaurant un état d'urgence permanent en Algérie, et en laissant les mains libres à l'armée. La décision de recourir à l'armée marque un tournant dans le dispositif répressif.

Rappel des disponibles : 400.000 hommes sont envoyés en Algérie pour « pacifier » le territoire. Le service militaire est porté à 30 mois et plus.

Les 146 députés communistes votent pour les pouvoirs spéciaux. Le PCF reste durant toute la guerre très prudent sur la question algérienne, excluant même les militants qui se livrent à des activités de soutien au FLN.

Le 23 mars, assassinat par l'armée, déguisé en suicide, d'Ali Boumendjel, avocat à la cour d'Alger et militant nationaliste.

Création en France du comité pour la défense des libertés et la paix en Algérie (Madeleine Rebérioux, Pierre Vidal-Naquet).

Avril 1956

Le 4 avril, désertion de l'aspirant Maillot (militant du PCA) qui détourne des armes au profit de l'ALN.

Le 10 avril, Pierre Frank, Simone Minguet et Raymond Bouvet, tous trois militants de la section française de la Quatrième internationale (PCI), sont arrêtés pendant un mois pour leur engagement dans le soutien au FLN algérien (publication de la revue du FNL).

Perquisition chez Henri Marrou qui a publié dans Le Monde un article : "France, ma patrie".

Le 12 avril, décret portant rappel sous les drapeaux des disponibles.

Le 22 avril, ralliement officiel de Ferhat Abbas (au Caire) au FLN.

En mai, départ de Jacques Berthelet en Suisse pour créer un réseau d'accueil aux déserteurs.

Mai 1956

Le 3 mai, manifestation contre le départ des rappelés à Lézignan.

Le 18 mai, violente manifestation contre la guerre en Algérie à Grenoble.

En Algérie, 20 militaires français, tombés dans une embuscade, sont massacrés près de Palestro.

Le 23 mai, démission du gouvernement de Pierre Mendès France.

Juin 1956

Le 5 juin, l'aspirant Maillot, condamné à mort pour trahison et qui a pris le maquis, est tué au combat par les troupes françaises.

Le 11 juin, arrestation de Maurice Audin.

Le 19 juin, l'exécution des premiers condamnés à mort algériens, Ahmed Zabana et Abdelkader Ferradj met le feu aux poudres et rend la guerre irréversible.

Juillet 1956

En juillet, extension de la guérilla urbaine. Un groupe terroriste pieds-noirs, aidé par la police, place une bombe chez un membre du FLN dans la Casbah d'Alger. 53 Algériens sont tués.

Affrontements entre maquis du MNA et du FLN qui tournent à l'avantage du FLN.

Le 2 juillet, Alban Lietchi, militant communiste, refuse de partir en Algérie.

De 200.000 hommes début 1956, les troupes françaises présentes en Algérie passent à 450.000 hommes en juillet, afin d'assurer le « quadrillage » de la population que Robert Lacoste réclame depuis son arrivée en Algérie.

Les élus du PCF commencent à voter contre la politique de Guy Mollet.

Août 1956

Le 19 août, désertion de Noël Favrelière, sergent parachutiste, pour ne pas assassiner un prisonnier algérien. Il est condamné à mort par contumace part le tribunal militaire de Constantine.

Francis Jeanson commence à rendre des services au FLN.

Le 20 août, congrès du FLN dans la vallée de la Soummam. Formation du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA). Le FLN décide de porter la guerre dans les villes.

En septembre, arrestation de Jean-Jacques Rousset. Désertion de Louis Orhant, militant communiste. Début de l'aide au FLN à Lyon et à Marseille.

Septembre 1956

Le 1er septembre, rencontre à Rome entre Pierre Cormin, Khider et Yazid.

Le 30 septembre, les exécutions continuent et le FLN commence, à titre de représailles, à mettre des bombes dans des cafés et des dancings (Milk bar, La Cafétéria : 1 mort et 62 blessés). Aux funérailles des victimes, des foules de pieds-noirs lynchent tous les musulmans qu'ils rencontrent.

Octobre 1956

Le 22 octobre, une conférence entre le Maroc, la Tunisie et le FLN doit se tunir à Tunis. L'avion transportant Ben Bella et d'autres dirigeants du FLN (Mohamed Boudiaf, Hocine Aï-Ahmed, Mohamed Khider et Mustapha Lacheraf), en provenance de Rabat, est forcé à atterrir à Alger. C’est le premier acte de piraterie aérienne dans l'espace international de l'histoire. Les négociations sont rompues et Ben Bella et ses compagnons passeront le reste de la guerre dans une prison française.

Le socialiste Alain Savary démissionne.

Les 25 et 26 octobre, dans le Djebel Bou-Kammech, tous les Algériens faits prisonniers sont égorgés lors d'une "opération de nettoyage".

Novembre 1956

Le 9 novembre, arrestation d'André Mandouze, de Cécile Verdurand et d'Anne-Marie Chaulet. Libérés le 19 décembre.

Le 15 novembre, le général Salan est nommé commandant en chef en Algérie.

Décembre 1956

Le 15 décembre, massacre d'Algériens à Médéa, en représailles au meurtre de deux spahis. Des chiens sont lâchés et les blessés sont achevés avec les automitrailleuses.

Energie Découverte du pétrole à Hassi Mesaoud.

1957

L’armée française mène la bataille des frontières. Elle érige des barbelés électrifiés et miné aux frontières algériennes sur 700 km de long, du côté marocain à l’ouest (ligne Challe), et sur 460 km de long du côté tunisien à l’est (ligne Morice).  Elles rendent  la traversée de la frontière souvent fatale aux combattants du FLN.

Janvier 1957

Le 7 janvier, troisième rapport Mairey sur la "pacification".

Lacoste, superpréfet d'Alger, confie tous les pouvoirs de police sur tout le frottement d'Alger au général Jacques Massu, commandant des parachutistes de la 10e division.  Il a les marins libres pour mener la "bataille d'Alger". 8.000 parachutistes pénètrent dans Alger. Début de la bataille d'Alger (9 mois - octobre 1957). La torture atteint un sommet inégalé. La ville est divisée en huit sous-secteurs, qui ont chacun leur centre de tri et leur salle de torture.

La Zone autonome d'Alger du FLN est dirigée par Yacef Saadi, basée dans la Casbah.

Le 8 janvier, à l'ouverture de la onzième session des Nations unies à New York, consacrée à la question algérienne, le FLN appelle à une grève insurrectionnelle de huit jours à Alger. Massu la brise en faisant entourer les travailleurs et en les forçant à aller au travail sous la menace des armes.

Bilan 30 à 40% de la population de la Casbah est arrêtée et interrogée (torturée). 3.000 à 4.000 personnes sont mortes sous la torture ou tuées après. Les réseaux du FLN sont éliminés à Alger.

Le 16 janvier, attentat au bazooka contre le général Salan.

Février 1957

En fevrier, attentats du FLN au stade municipal d'Alger et au stade El Biar (dix morts et trente-quatre blessés). Le leader du FLN, Larbi Ben M'Hidi, est arrêté puis "suicidé". Publication du dossier Jean Muller par les Cahiers de Témoignage Chrétien..

Le 11 février, le militant du Parti communiste algérien (PCA), Fernand Iveton, longuement torturé et condamné à mort par la justice coloniale française pour avoir rejoint la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie, est guillotiné à Alger. Il avait 31 ans. Avis favorable donné par François Mitterrand, garde des Sceaux. La bombe déposée par Iveton dans son usine été programmée pour ne pas faire de victimes et n'a d'ailleurs jamais explosé. Le Parti communiste, divisé, n'a pas fait campagne en da faveur.

Le 26 février, arrestation à Paris des chefs du FLN en métropole.

En mars, le général Aussaresses pend à Alger le chef du réseau algérois du FLN, Larbi Ben M'Hidi et fait précipiter dans le vide l'avocat Ali Boumendjel le 23 mars. Larbi Ben M'Hidi, est torturé durant huit jours puis déclaré « suicidé ».

Jean-Marie Le Pen, député, selon le rapport du commissaire Gille, pratique la torture à Alger.

Publication de la brochure Les appelés témoignent.

Publication de Contre la torture de Pierre-Henri Simon. Création en France d'un comité de défense des libertés et pour la paix en Algérie, à l'initiative d'enseignants du secondaire.

Mars 1957

Le 28 mars, le général de Bollardière demande à être relevé de son commandement.

Avril 1957

Le 5 avril, après ses prises de position contre la torture, le général de Bollardière est relevé de son commandement et mis aux arrêts. L'historien Pierre  Vidal-Naquet dénonce la torture en publiant La Raison d'Etat.

Mai 1957

Le 21 mai, chute du gouvernement Guy Mollet.

Le 28 mai, massacre de Melouza : 374 villageois soupçonnés de sympathie pour Messali Hadj et le MNA sont égorgés ou mitraillés par une unité de l'ALN. Le FLN accusera ensuite l'armée française de ce massacre.

Juin 1957

Les arrestations arbitraires, tortures et exécutions sommaires commencent à être dénoncées en métropole.

Attentat du FLN dans le tramway d'Alger.

Le 9 juin, attentat du FLN au dancing du Casino de la Corniche (8 morts, 81 blessés). Vague d'exécutions en représaille des militants FLN qui sont guillotinés à Alger.

Le 12 juin, Henri Alleg, directeur du journal Alger républicain est arrêté et torturé au "centre de tri" d'El-Biar, tenu par les parachutistes de la 10e DP, dans la banlieue d'Alger.

Le 21 juin, arrestation et disparition, suite à interrogatoire avec torture, du mathématicien communiste français Maurice Audin, assistant de mathématiques à la faculté d'Alger (parmi des milliers d'autres disparitions).

Mustapha ben Saïd Lounnas est arrêté fin juin et disparaît.

 Juillet 1957

Le rapport accablant d'une commission d'enquête sur l'usage de la torture en Algérie, publié par le journal Le Monde, lui vaut d'être interdit.

Procès de Djamila Bouhired.

Le 25 juillet, Bourguiba proclame la République tunisienne dont il devient le premier président. La monarchie est abolie.

Septembre 1957

Le FLN lance une campagne de liquidation des dirigeants de l'USTA en France et en Algérie.

Le 12 septembre, démission de Paul Teitgen, secrétaire général de la police à Alger, en protestation contre les pratiques des parachutistes du général Massu. 4.000 prisonniers algériens arrêtés à Alger ont disparu. La mer renvoie les "crevettes de Bigeard", des hommes jetés dans la mer à partir d’hélicoptères et les pieds coulés dans du béton.

le 24 septembre, Yacef Saadi, dirigeant de la zone autonome d'Alger, est arrêté.

La "bataille d'Alger" est terminée. Les réseaux FLN sont détruits, des dizaines de milliers d'Algériens sont arrêtés, des milliers sont portés disparus.

Le 3à septembre, le projet de loi-cadre pour l'Algérie est repoussé à l'Assemblée nationale. Maurice Bourgès-Maunoury présente la démission du gouvernement.

Octobre 1957

Le 2 octobre, Robert Lacoste, ministre résident, et André Morice, ministre de la Défense, inspectent le barrage électrique installé à la frontière algéro-tunisienne.

Le 8 octobre, pour dénicher Ali La Pointe, responsable du FLN, les parachutistes français font exploser une maison causant la mort de plusieurs personnes en plus du dirigeant indépendantiste.

Capture d'Abderrahman Ben Hamida.

La bataille d'Alger est terminée. La défaite militaire du FLN va se transformer en victoire politique.

En décembre, une poignée d'anticolonialistes se regroupent autour du philosophe Francis Jeanson pour soutenir le FLN.

1958

Le FLN instaure le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

Février 1958

Le 8 février, des avions français bombardent Sakhiet Sidi Youssef, un village tunisien (camp du FLN), tuant 69 civils et en blessant 130, dont de nombreux enfants. Le Premier ministre français défend publiquement ce raid.

Du 13 au 21 février, Habib Bourguiba saisit le Conseil de sécurité de l'ONU pour l'affaire de Sakhiet Sidi Youssef.

Mai 1958

Le 8 mai, le président Coty fait appel au centriste Pierre Pfimlin, qui est favorable à une reprise des pourparlers avec le FLN.

Le 9 mai, exécution par le FLN de trois soldats français en représailles de l'exécution de trois combattants algériens.

Le 13 mai, à Alger, les partisans de l'Algérie française appellent à une grève générale. Des étudiants excités, dirigés par Lagaillarde, fournissent les bataillons de choc qui débordent le service d'ordre et s'élancent à l'assaut des bâtiments du gouvernement général.

Putsch militaire d'Alger : L'armée se solidarise avec les manifestants. Un Comité de salut public (Massu, Salan, Soustelle), dirigé par le général Massu et comptant dans ses rangs des officiers, des militants d'extrême droite et des gaullistes, affirme devenir la seule autorité. Salan proclame "Vive le général de Gaulle". La gauche dénonce un coup d'Etat.

A Paris, dans la nuit du 13 au 14 mai, l'Assemblée nationale ne s'en laisse pas compter. Malgré la menace, elle investit un nouveau cabinet, dirigé par Pierre Pflimlin. Les députés socialistes, communistes, radicaux, mais aussi certains de droite, affirment qu'ils ne laisseront pas toucher à la légalité démocratique. Le général Massu lance un appel au général De Gaulle. Déclaration du maréchal Salan : "je prends en main provisoirement les destinées de l'Algérie française"

Le 15 mai, Salan est poussé à faire appel de Gaulle. Celui-ci se dit prêt. Il y a un projet de débarquement de l'armée en France (des paras débarquent en Corse) et des proches de de Gaulle sont dans le coup (plan Résurrection). Il y a des préparatifs, coordonnés par les milieux pro-Algérie française de l'armée - Massu en est - et les réseaux gaullistes, d'un parachutage massif sur la métropole, d'une jonction avec des groupuscules - dirigés, à Marseille, par Charles Pasqua -, afin de s'emparer du pouvoir et d'y imposer la solution de Gaulle.

Le 19 mai, De Gaulle se présente en arbitre entre Alger et Paris.

Le 20 mai, parution de L'Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet.

Le 24 mai, à titre d'intimidation, les parachutistes de Thomazo sont largués en Corse.

Le 29 mai, le président René Coty demande à De Gaulle de former un gouvernement de "large union" ce que celui-ci accepte.

Juin 1958

Le 1er juin, De Gaulle est rappelé au pouvoir comme Président du conseil.

Le 4 juin, premier voyage du général De Gaulle en Algérie. Discours de De Gaulle à Alger : "je vous ai compris ! [...] Je vois ce que vous avez voulu faire". Son cri ambigu laisse croire qu'il est résolu à conserver l'Algérie française et créera d'amères désillusions parmi les colons d'Algérie. En fait, De Gaulle finira par se rallier au principe de l'autodétermination. Il ne croit pas à l'intégration ("on n'attrapera pas les Algériens avec cet attrappe-couillons"). Création du GPRA (Ferhat Abbas) à Tunis.

Le 7 juin, le général Salan est nommé délégué général du gouvernement et commandant en chef en Algérie.

Juillet 1958

Le 2 juillet, nouveau voyage du général De Gaulle en Algérie.

Août 1958

Le 2 août, en France, le gouvernement dissout l'AGTA (Amicale générale des travailleurs algériens), association au sein de la CGT.

Le 20 août, les chefs de l'ALN remanient la direction du FLN à leur profit.

Le 25 août, le FLN attaque des objectifs industriels en métropole.

Septembre 1958

Le 1er septembre, Maurice Papon, préfet de police de Paris, instaure un couvre-feu pour les Nord-africains. Boycotté par le FLN, il tombe peu à peu en désuétude.

Le 19 septembre, constitution du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), présidé par Ferhat Abbas. Il s'installe au Caire puis à Tunis.

Octobre 1958

Le 3 octobre, discours du général De Gaulle à Constantine annonçant un plan de cinq ans de développement économique et de promotion sociale et culturelle en Algérie.

Le 23 octobre, lors d'une conférence de presse, De Gaulle propose la "paix des braves" en Algérie. Cette proposition est rejetée le 25 octobre par le FLN réuni au Caire.

Décembre 1958

Le 13 décembre, l'Assemblée générale de l'ONU repousse par 18 voix et 28 abstentions contre 35 une résolution reconnaissant le droit de l'Algérie à l'indépendance.

Le 13 décembre, des militants algériens sont torturés au siège de la DST.

Le 19 décembre, le général Salan est remplacé par le délégué général Paul Delouvrier et le général Challe.

Le 21 décembre, élection présidentielle (suffrage indirect). Le général De Gaulle est élu président.

1959

Le 7 mars, Ben Bella est transféré à l'île d'Aix.

Le 21 mai, un des avocats qui défend les indépendantistes algériens, Me Amokrane Ould Aoudia, du barreau de Paris, est assassiné dans le 2e arrondissement, rue Saint-Marc, en sortant de son cabinet, par des agents du service Action du SDECE, avec l'aval du Premier ministre Michel Debré.

En août, assassinat d'Aissat Idir, secrétaire général de l'UGTA. "Tournée des popotes" de De Gaulle en Algérie.

Le 16 septembre, tournant dans la guerre d'Algérie, dans un discours radiodiffusé et télévisé, le général De Gaulle reconnaît les droits des Algériens à l'autodétermination par référendum. Il propose la sécession (l'indépendance donc), l'intégration ou une solution fédérale. Son discours provoque la stupeur.

Le 17 septembre, Messali hadj est victime d'un attentat.

Le 19 septembre, Georges Bidault forme le Rassemblement pour l'Algérie française.